Botanique et ethnobotanique groenlandaises

Botanique et ethnobotanique groenlandaises

Didier J. Roguet, ethnobotaniste, conservateur aux Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève (CJB)

Mai 2021

Introduction

Le Groenland est la plus grande île de notre planète. Située dans l’océan Atlantique Nord et connue pour sa toundra basse et sa calotte glaciaire, c’est la plus grande réserve d’eau douce terrestre. Si le Groenland fait officiellement partie du Danemark, il est dirigé par un gouvernement autonome pour la plupart des affaires nationales. Sa population se compose essentiellement d’Inuits et sa capitale est Nuuk (ancienne Godthåb).

« Groenland » (« Greenland » pour les anglophones) veut dire « la terre verte », bien que seul 20% de son territoire arbore cette couleur… quelques mois par an ! Des conditions climatiques sévères ne permettent qu’à des plantes très bien adaptées de prospérer.

En termes de végétation, nous retrouvons ici la même correspondance avec notre étage alpin médio-européen qu’en Islande et sur les îles Féroé (voir article connexe sur le site).

Couvert de forêts il y a encore 450’000 ans, le Groenland abrite de nos jours une végétation de type toundra basse, qui recouvre presque en totalité les 20% de terres qui ne sont pas envahies par les glaces. Seules cinq espèces d’arbres et d’arbustes autochtones peuplent encore les derniers vallonnements propices dans le Sud de l’île (ex.: vallée de Qinngua, arboretum de Narsarsuak) :

  • sorbier du Groenland (Sorbus groenlandica)
  • aulne vert crispé (Alnus viridis ssp. crispa)
  • bouleau blanc (Betula pubescens)
  • saule à feuilles grises (Salix glauca)
  • genévrier commun (Juniperus communis)

Sorbus groenlandica dans la vallée

La flore du Groenland comporte quelques 575 espèces de plantes vasculaires, dont 13 endémiques.

Environ 90 taxas ont été introduits et sont souvent naturalisés (néophytes), comme c’est le cas pour les conifères de taïga introduits dans l’Arboretum Groenlandicum, tels que le mélèze de Sibérie (Larix sibirica), le pin tordu (Pinus contorta), l’épinette blanche (Picea glauca) et l’épinette de Sitka (Picea sitchensis).

La végétation du Groenland végétalisé, hors calotte glaciaire (inlandsis), est constituée en grande majorité de toundra basse, une végétation à la taille et à la diversité réduites. Elle est composée de lichens, de mousses et d’herbacées des zones polaires.

Parmi les espèces communes de ces landes rases, on peut citer la dryade (Dryas octopetala), la camarine noire (Empetrum nigrum), le saule herbacé (Salix herbacea), des Rosacées, comme le potentille alpestre (Potentilla crantzii) ou encore des Cypéracées, comme la laiche naine (Carex supina), que nous rencontrons aussi lors de nos balades alpiennes.

Le pâturage intensif par des herbivores importés, comme les moutons, a largement contribué au remplacement des zones buissonnantes à saules glauques (Salix glauca) par des pelouse denses et rases à pâturin de prés (Poa pratensis).

Le changement climatique actuel et le retrait concomitant de l’inlandsis créent de nombreuses cuvettes lacustres, que colonisent progressivement des tourbières, entourées, en périphérie d’une ceinture florale halophile (résistante au sel).

Le sol gelé en profondeur toute l’année ne permet qu’un enracinement superficiel. Seules des essences rampantes (bouleau nain, saules, etc.) y croissent, comme dans l’étage alpin de nos Alpes.

Au-delà du Cercle polaire (66° de latitude Nord), la végétation de la côte Ouest du Groenland se réduit progressivement jusqu’à devenir une pelouse clairsemée et rase sur permafrost. Au-delà, le sol est généralement nu (roche mère), avec des lichens et des mousses, ou recouvert de neige et de glace.

Ethnobotanique groenlandaise

La vie traditionnelle inuit, tournée vers la chasse et la collecte végétale, a été drastiquement modifiée par l’arrivée des comptoirs et des produits étrangers importées du Danemark (XVIIIème s.). La cueillette de certaines espèces de soudure (période difficile située entre des périodes plus fastes) et de subsistance, comme dans nos Alpes, a été reléguée aux périodes de disettes et de non-approvisionnements des comptoirs (guerre, blocus).

Divers auteurs se sont intéressés très tôt (fin XIXème) aux relations homme-nature en milieu arctique. Depuis très longtemps, le monde inuit polaire fascine et attire en effet les explorateurs et les scientifiques qui les accompagnent, bien qu’il ait été largement spolié et méprisé par la colonisation danoise.

Le régime alimentaire unique, essentiellement carné, de ces peuples du Nord n’est pas étranger à l’intérêt des ethnologues. Graisses et viandes (souvent crues) sont largement préférées aux aliments végétaux, qui comblent néanmoins certaines carences vitaminiques.

Et les plantes dans tout cela ?

Les populations inuites autochtones (eskimos) de ces régions septentrionales font une utilisation optimale des maigres ressources végétales à leur disposition pendant une courte période de l’année (juin – octobre).

De nombreuses études ethnobotaniques dans le Sud du Groenland et dans le Labrador canadien, également peuplé d’Inuits, en témoignent.

On rapporte souvent la phrase suivante lors des enquêtes dans le monde arctique : « tout ce qui pousse et qui n’est pas toxique, est utile ou peut se manger ».

Comme en Islande, les algues ont probablement toujours joué un rôle important dans l’alimentation arctique, en particulier en période de disette (« soudure » hivernale), spécifiquement en ce qui concerne l’apport en vitamine C.

78 espèces pour 39 familles botaniques ont été recensées lors d’enquêtes ethnobotaniques dans le Sud du Groenland, dont 30 espèces médicinales. La famille la plus représentée en phytothérapie traditionnelle est celle des Ericacées (rhododendrons, myrtille), suivie des Rosacées (roses, alchémilles, potentilles), des Pinacées (pins) et des Salicacées (saules).

Les utilisations rapportées concernent les domaines suivants : alimentaire (52%), médicinal (43%), combustible (38%), construction et artisanat (30%), tisane (20%), nettoyage (4%), jeu (3%), légende et spiritualité (2%).

Cette répartition est comparable dans le Nord du Canada.

La recherche de combustibles pendant l’été arctique est primordiale pour ces populations qui vivent dans la neige et la glace 70 à 80 % du temps. Ils ont recours aux espèces buissonnantes (31%), mais aussi aux lichens, lycopodes et bryophytes séchés (27%), ces derniers remplaçant souvent un allume-feu. Les fumées émanant des feux servent aussi à éloigner les moustiques, omniprésents pendant l’été arctique.

En ce qui concerne les plantes alimentaires, certaines sont fermentées, d’autres conservées dans l’huile de phoque pour la période hivernale.

La cueillette des baies sauvages joue un rôle central dans l’alimentation de subsistance des populations groenlandaises.

Usage des plantes à Nain et Kangiqsualujjuaq

Les Vikings venus d’Islande qui occupent le Groenland dès le 10ème s. amenèrent avec eux leurs moutons et certaines plantes (petite oseille, angélique, achillée millefeuille et autres vesces à pois). Cette implantation va modifier l’équilibre écologique de ces territoires. Le pâturage de ces ovins n’est pas sans effet sur la végétation. La colonisation danoise va aussi intensifier les activités agricoles saisonnières dès le 17ème s.

Plantes médicinales

De nombreuses études se sont intéressées aux plantes médicinales utilisées par la population des nations premières de cette partie du monde, que ce soit dans le Nord du Québec, le Labrador ou le Sud Groenland.

30 espèces de 19 familles botaniques, considérées comme médicinales, ont été citées par le monde inuit lors d’enquêtes ethnobotaniques récentes. Les familles les plus utilisées en phytothérapie traditionnelle sont les Ericacées (famille de la myrtille), les Pinacées (famille des pins) et les Salicacées (celle des saules).

Des espèces comme Larix laricina (mélèze d’Amérique) ou Rhodiola rosea (orpin rose ou racine d’or) sont citées pour plusieurs usages.

Le Larix laricina (le mélèze américain) est utilisé pour son bois, résistant à l’eau et imputrescible. Ses racines fournissent des fibres qui permettent de coudre les écorces de bouleau des canoés. Sa résine (poix) est antiseptique, elle fait office de chewing-gum naturel et de désinfectant bucal.

Le Rhodiola rosea est une Crassulacée au potentiel antistress et anti-dépressif très prometteur. Ces principes actifs combattraient les effets du spleen des régions nordiques. Sa racine « antifatigue » augmenterait les performances physiques et la résistance à la sénilité !

Un problème de santé publique spécifique de ces populations autochtones nordiques, en particulier depuis la deuxième guerre mondiale (arrivée des sodas sucrés), concerne l’augmentation importantes du diabète (20 à 30 % de la population touchée). Plusieurs espèces végétales (env. 20) de ces régions possèdent des propriétés antidiabétiques (diabète de type 2) et sont utilisées comme tel par les inuits: Rhododendron groenlandicum (thé du Labrador, thé du Groenland), Larix laricina, Rhododendron tomentosum, Picea mariana, Picea glauca, Kalmia angustifolia, Sorbus decora, Abies balsamea, Abies incana subsp. rugosa, Juniperus communis, Picea. banksiana, Salix planifolia, Vaccinium vitis-idaea, Sarracenia purpurea & Salix purpurea.

Les Inuits et Amérindiens du Labrador utilisaient les feuilles de ce rhododendron (« thé du Labrador ») pour traiter les gerçures, les brûlures et les inflammations de la peau. C’est la plante la plus souvent citée chez les guérisseurs et chamans de ces régions polaires (états grippaux, maux d’estomac et de l’appareil respiratoire). Elle était fumée (calumet de la paix) et consommée en tisane, qui aurait des propriétés calmantes, voire narcotiques. Aromatiques, ses feuilles étaient mastiquées et servaient comme condiment pour les viandes cuites. Elle est néanmoins toxique à haute dose, comme beaucoup de rhododendrons (présence d’andromédotoxine, inhibitrice de contraction des muscles striés, dont le coeur).

Le « petit thé du Labrador » (Rhododendron tomentosum) est récolté et consommé pour les mêmes raisons. Consommé frais, il est aussi toxique.

Le Sarracenia purpurea (Labrador et Québec), la saracénie pourpre ou « oreille de cochon », a une activité anti-orthopoxvirus (anti-variolique).

Le Vaccinium vitis-ideae (airelle rouge) est un remarquable draineur et désinfectant intestinal

Plantes alimentaires

Les plantes de cueillette et en particulier les baies jouent un rôle important dans l’alimentation des peuples premiers vivant au Groenland et au Labrador. Elles sont consommées fraîches ou transformées, un peu comme c’était le cas dans les sociétés alpines traditionnelles.

Ce sont les femmes et les enfants qui récoltent ces fruits sauvages en automne (septembre-octobre) lors de cueillettes festives.

Les baies sont consommées fraîches ou conservées dans des huiles animales. On en fait aussi des compotes, qui accompagnent les mets carnés.

Parmi les baies les plus récoltées, on trouve la camarine noire (Empetrum nigrum), l’airelle bleue (Vaccinium uliginosum), l’airelle rouge (Vaccinium vitis-idea), la baie de genièvre (Juniperus communis) et le chicouté, appelé aussi « plaquebière » ou « ronce petit-mûrier » (Rubus chamaemorus).

Beaucoup d’espèces sont cueillies lors des migrations d’été, autour du campement et de manière aléatoire. Elles étaient souvent traditionnellement conservées dans de la graisse de phoque pour l’hiver (baies, orpin, oseille).

Parmi les plantes qui sont encore récoltées largement de nos jours, on peut citer :

  • l’orpin (Rhodiola rosea & Sedum rosea)
  • le pissenlit (Taraxacum croceum)
  • l’angélique (Angelica archangelica)
  • l’épilobe (Epilobium sp.)
  • la pédiculaire (Pedicularis groenlandica)

L’orpin et les baies de camarine (Empetrum nigrum) sont toujours conservées dans l’huile de phoque pour être consommées en hiver.

Autres plantes alimentaires consommées :

Oxyria digyna (oseille alpine ; feuille crue, sur site), Polygonum viviparum (renouée vivipare ; feuille, avant floraison (mai), racine tubéreuse en automne pour l’hiver), Salix herbacea (saule herbacé nain ; feuille jeune), Vaccinium uliginosum (orcette, airelle bleue; baie très appréciée), Silene acaulis (silène acaule, en coussinet; racine pelée).

Diverses algues ont été, et restent, consommées au Groenland et au Labrador. Elles ont l’avantage de pouvoir être récoltées toute l’année le long des côtes rocheuses, dans les eaux restées libres de glace : Alaria pylaii (algue brune, thalle et tige), Ascophyllum nodosum (algue brune, thalle), Fucus vesiculosus (algue brune, varech vésiculeux; thalle) et Rhodymenia palmata (algue rouge, thalle).

Depuis la colonisation danoise, les ressources végétales alimentaires importées en masse d’Europe continentale, concurrencent bien évidemment directement le recours aux plantes de cueillettes sauvages de ces territoires arctiques.

Plantes artisanales & ménagères

Les plantes, leurs fibres, leurs résines (ou exsudats) et leurs bois, jouent aussi un rôle central dans l’économie ménagère inuite pour :

  • construire des cabanes, des protections, des séchoirs (poisson, peau de phoque, etc.) et des abris contre le vent et les congères de neige;
  • tresser des contenants (panier, nasse, etc.), remplir des matelas et tisser des tissus, vêtements et filets, coudre des peaux entre elles ;
  • fabriquer des kayaks, des flotteurs, des objets pour la chasse et la pèche, des brosses, des balais et des savons, des instruments de musique (flûte, percussions) et des jeux ;
  • créer des bijoux et des décorations (églises), des parfums de maison, des lotions ou fumigations contre les moustiques et les ravageurs ;
  • teindre les peaux de phoques pour en façonner des vêtements.

Certaines mousses (Bryum sp.) étaient utilisées par les populations inuites pour leurs propriétés isothermiques (calfeutrage de cabanes, isolant de sol, etc.), hygiéniques (tampon menstruel, éponge de nettoyage) et thérapeutiques (séchées comme vulnéraires et cicatrisantes).

Mousses et lichens séchés servaient de mèches pour les lampes à huile de graisse de phoque.

Diverses Poacées séchées (pâturins, Poa sp.; trisète en épi, Trisetum spicatum) servaient d’isolant dans les bottes en peau de phoque.

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