Le 12 mai, toujours en Suisse

Le 12 mai, toujours en Suisse

Les buissons ont fleuri, les champs verdi, les températures sont devenues douces. Mais les frontières se sont fermées, les contraintes se sont ajoutées aux contraintes. Nous pouvions sortir, marcher, courir dans une nature que le printemps  laissait éclater. Il a fait beau, chaud, sec. Le Léman brillait de tous ses feux. L’âme n’en restait pas moins lourde, pesante, peinant à se réjouir des jours qui s’allongent. L’espoir de rejoindre Gaia bientôt s’éloignait chaque jour un peu plus.

Les ports se sont fermés, la belle liberté de la mer envolée au fur et à mesure que les gouvernements fermaient leurs frontières, chacun replié sur son aire de responsabilité et de souci. Les peuples et les individus ont acceptés les restrictions qui leur furent imposées. Les états se sont renforcés, seules sentinelles de la solidarité et du bien commun. Les forces plus sombres de l’autorité se sont manifestées, les polices et les armes sont apparues dans les rues de certaines villes. La surveillance de chacun de nous s’est renforcée. Se relâchera-t-elle ou, comme après 2001, serons-nous condamnés à voir notre espace de liberté encore un peu amputé durablement ?

Les coquelicots sont en fleurs maintenant. Difficile de s’en réjouir sans une amertume noire au creux de la poitrine. Nous sommes toujours en pays vaudois. Partir si tard ne nous permettra plus de rejoindre Terre Neuve cet été. Il reste l’espoir d’arriver en Islande avant les tempêtes d’automne.

La perspective du déconfinement a donné quelques temps l’espoir que les frontières se rouvrent et que la route de La Rochelle se libère devant nous. Que nenni, les autorités françaises ne veulent pas d’étrangers, les longues distances restent infranchissables, sauf exception. Exception, un mot qui entrouvre une perspective. L’interdiction n’est plus absolue. Nous nous attelons donc à chercher les voies qui nous permettraient d’obtenir une autorisation de pénétrer en France, puis d’y parcourir les quelques centaines de kilomètres  qui nous séparent de Gaia. Il faudra encore pouvoir naviguer le long des côtes françaises puis entrer au Royaume Uni. Que d’obstacles, mais un petit espoir d’y arriver, grâce à l’aide compétente de diplomates aguerris.

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